Syndrome périodique associé à la cryopyrine (CAPS)

Les CAPS sont des maladies auto-inflammatoires, où les  mécanismes de régulation de l’inflammation sont déréglés. Ce sont des maladies d’origine héréditaire. Le diagnostic est évoqué cliniquement puis est confirmé, par l’identification d’une mutation du gène NLRP3  qui code pour Ia protéine cryopyrine. Les patients atteints de CAPS produisent de grandes quantités de cytokines pro-inflammatoires, dont notamment l'interleukine-1 (IL1). (1)(2)

Les CAPS sont des maladies rares : leur prévalence est estimée à 1/360 000 habitants en France. En tenant compte de cas encore non diagnostiqués, la prévalence pourrait se situer entre 150 et 200 cas en France. Il n’y a pas de différence significative de répartition entre les hommes et les femmes atteints de CAPS, et la quasi-totalité des malades est d’origine européenne. (2)

Les CAPS comprennent 3 maladies sur un continuum de sévérité, ici de la plus sévère à la moins sévère (1)(2) :

  • le syndrome Le syndrome chronique infantile neurologique, cutanée et articulaire (CINCA) / la maladie systémique inflammatoire à début néonatal (NOMID)
  • le syndrome de Muckle-Wells (MWS)
  • le syndrome d'urticaire familiale au froid (FCAS)


Les principales manifestations cliniques des CAPS (2), sont de différents degrés :

  • Signes généraux : fatigue intense, fièvre, retard de développement dans les formes les plus graves...
  • Autres signes :

    • La peau : éruption généralisée d’allure urticarienne, érythème, œdème...

      • Les organes sensoriels : au niveau de l’œil (conjonctivite, uvéite, atrophie du nerf optique dans les formes les plus graves) ; au niveau de l’oreille (acouphènes, surdité dans les formes les plus graves)

    • Articulations : arthralgie, myalgie...
    • Système nerveux central : céphalées, méningite chronique, irritabilité jusqu’au retard mental dans les formes les plus graves...

  • Dans un contexte biologique d’inflammation majeure


La mortalité exacte n’est pas connue mais concerne les formes les plus sévères. Les causes de mortalité reconnues sont les complications de l’amylose AA (insuffisance rénale au début, mais pouvant concerner d’autres organes comme le foie, la rate, le coeur, le tube digestif ou le système nerveux périphérique) qui concerne environ 25% des patients non traités souffrant de formes de CAPS de gravité intermédiaire comme les MWS. (2)

La prise en charge d’un patient atteint de CAPS démarre à l’âge pédiatrique et s’étend durant toute la vie, faisant appel à de multiples spécialistes en plus du médecin traitant (généraliste, pédiatre et surspécialités pédiatriques, ophtalmologiste, otorhinolaryngologiste, dermatologue, rhumatologue, interniste, neurologue, algologue).
La stratégie thérapeutique varie avec la gravité de la maladie et ne sera jamais imposée au malade sans son accord. Elle va de l’abstention thérapeutique, aux biothérapies en passant par divers traitements symptomatiques, en particulier des arthralgies et arthrites.
Actuellement, il existe des traitements de fond ayant démontré leur efficacité dans le traitement des CAPS. (2)

Références :
(1) HAS septembre 2014 : pour l’indication CAPS, Commission de Transparence (Avis 17 septembre 2014).
(2) Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) : fièvres récurrentes héréditaires ; syndromes périodiques associés à la cryopyrine (CAPS), texte du PNDS. Centre de référence des maladies auto-inflammatoires rares de l’enfant (CeRéMAI), janvier 2013.